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Mai
Norme NF DTU 41.2 : Les règles d’or pour la fixation de votre bardage bois
Temps de lecture : 5 minutes
Catégorie : Focus
Le NF DTU 41.2 est le document de référence officiel qui régit la mise en œuvre des revêtements extérieurs en bois (bardages). Il définit les exigences strictes pour garantir la pérennité de l’ouvrage, incluant les règles de ventilation, la gestion de l’humidité, et surtout les protocoles de fixation : types de pointes autorisées, profondeur d’ancrage dans le tasseau et espacement des clous.
Vous le savez aussi bien que nous : un beau bardage bois ne sert à rien s’il commence à tuiler ou à s’arracher aux premières rafales de vent. Poser du revêtement extérieur ne s’improvise pas et la pérennité de votre ouvrage repose en grande partie sur un clouage irréprochable. Pour éviter les sinistres et garantir un travail dans les règles de l’art, le respect du NF DTU 41.2 est indispensable.
Focalisons-nous sur ce que ce document technique exige concrètement pour la fixation de vos lames, et comment bien vous équiper pour l’appliquer sur le chantier.

Les exigences du DTU 41.2 en matière de fixation
Le DTU ne laisse pas de place au hasard concernant la quincaillerie. Oubliez les restes de clous lisses qui traînent au fond de la caisse à outils, le bardage subit de fortes contraintes mécaniques et climatiques.
1. Le choix des pointes : profil et matériau
Pour assurer une tenue à l’arrachement optimale, la norme impose l’utilisation de pointes annelées ou crantées.
Côté matériau, la résistance à la corrosion est le maître-mot. Le DTU préconise :
- L’Acier inoxydable (Inox) : Obligatoire pour de nombreuses essences (notamment le Red Cedar, le Châtaignier, le Chêne ou les bois traités autoclave qui sont corrosifs) et fortement recommandé partout ailleurs.
- L’Inox A2 : Pour les environnements standards.
- L’Inox A4 : Obligatoire en milieu salin (littoral), montagnard ou industriel agressif.
2. Règles de pénétration et d’ancrage
La pointe ne doit pas juste traverser la lame, elle doit aller chercher la structure porteuse (le liteau ou tasseau) de manière sécurisée.
- Profondeur d’ancrage : Pour des pointes annelées, le DTU exige une pénétration minimale de 22 mm dans le support bois (liteau).
- L’affleurement : La tête de la pointe doit affleurer la surface du bois. Une tête trop enfoncée crée une cuvette qui retiendra l’eau, favorisant le pourrissement localisé. Au contraire, une tête trop peu enfoncée favorise les blessures.
3. Combien de fixations par lame ?
Le nombre de fixations dépend directement de la largeur utile de votre lame de bardage.
| Largeur utile de la lame de bois | Nombre de fixations par appui (liteau) | Type de pose |
| Inférieure ou égale à 125 mm | 1 fixation | Apparente (ou cachée selon le profil de la lame, ex: clin) |
| Supérieure à 125 mm | 2 fixations | Toujours apparente |
Note : La distance entre les fixations et les bords de la lame doit être d’au moins 15 mm pour éviter l’éclatement du bois.
L’équipement adéquat pour respecter la norme
Respecter le DTU 41.2 demande du rendement et de la précision. Le marteau montre vite ses limites sur une façade de 100 m². L’outil de prédilection des charpentiers et bardeurs reste le cloueur à rouleau.

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Cependant, la précision du clouage dépend aussi de votre compresseur. Pour enfoncer correctement une pointe annelée de 50 ou 65 mm dans du Douglas ou du Mélèze, vous aurez besoin d’une pression d’air constante, généralement réglée entre 6 et 8 bars (90 à 120 psi).
L’avis de l’expert Novi-Clous
« L’erreur la plus fréquente sur les chantiers de bardage concerne le réglage de la profondeur. Beaucoup d’artisans tirent avec une pression trop élevée, ce qui noie la tête de la pointe crantée à travers les fibres de la lame. Non seulement c’est esthétiquement discutable, mais cela crée un point de stagnation pour l’humidité. Utilisez impérativement un cloueur équipé d’un palpeur de réglage de profondeur (molette crantée). Faites toujours deux ou trois tirs d’essai sur une chute de liteau et de bardage pour ajuster la pression de votre compresseur et le palpeur de votre cloueur afin d’obtenir un affleurement parfait. »
Questions fréquentes sur le DTU 41.2
Peut-on utiliser des clous de finition (ex: brads 18G) pour du bardage ?
Non. Le DTU 41.2 proscrit l’utilisation de clous lisses ou de brads de finition pour maintenir un bardage extérieur. Ils n’offrent aucune résistance structurelle à l’arrachement face aux déformations du bois et aux contraintes climatiques. Seules les pointes crantées/annelées sont conformes.
Est-il possible de clouer directement sur le pare-pluie ?
Absolument pas. Le DTU impose la création d’une lame d’air ventilée d’au moins 20 mm d’épaisseur derrière le bardage. Vos lames doivent être clouées sur une ossature secondaire (tasseaux/liteaux) fixée verticalement au travers du pare-pluie.
Faut-il pré-percer les lames avant le clouage ?
Le pré-perçage n’est généralement pas obligatoire pour les bois résineux standards si vous respectez les distances aux bords. En revanche, il est fortement recommandé, voire indispensable, pour les essences très denses (bois exotiques, certains feuillus) ou en bout de lame afin d’éviter la fente.
Conclusion
Le NF DTU 41.2 n’est pas là pour compliquer la vie des professionnels, mais pour agir comme une assurance tout risque sur la durée de vie du bardage. Un ancrage de 22 mm, des pointes crantées en Inox, un espacement respecté et un affleurement parfait : voilà la recette d’une façade qui traversera les décennies. Pour appliquer ces règles sur vos prochains chantiers avec efficacité, l’outillage pneumatique est votre meilleur allié.